Analyse rhétorique d’un post Linkedin (salaire des enseignants)

Dans le cadre de mon entrainement au décodage rhétorique, j’analyse des articles publiés sur linkedin. Voici celui du jour (en gris l’original de l’argumentaire, en gras, mes commentaires et remarques). Il s’est présenté spontanément (comme beaucoup d’autres hélas) dans mon fil et je ne connais pas la personne, auteure de cet article :

Aujourd’hui, un prof débutant gagne à peine plus qu’un job au McDo.

En 1980, un professeur débutant gagnait 2,3 fois le SMIC.
Aujourd’hui ? 1,2 fois.

Et on ose trouver ça “normal”.

Oui, tu as bien lu.
Une profession qui forme toutes les autres.
Qui façonne l’avenir de nos enfants.
Qui demande un niveau d’études élevé, des compétences pédagogiques, humaines, organisationnelles…
Payée à peine plus qu’un job au fast-food.

Pourquoi ?
Parce qu’en 1983, on a décidé que les salaires des enseignants ne suivraient plus l’inflation.
Les prix montent, les factures explosent…
Mais les salaires restent quasiment figés.
Les primes ajoutées ici ou là ne comblent pas le trou.
Résultat : les enseignants s’appauvrissent.

📉 Selon l’OCDE (Regards sur l’éducation 2023) :
• Après 15 ans d’ancienneté, un prof français gagne presque deux fois moins qu’un prof allemand.
• Et il est dans le bas du classement européen… en début et en fin de carrière.

⏳ Et pourtant :
• Les enseignants français font partie de ceux qui donnent le plus d’heures de cours en Europe.
• 1 sur 2 travaille plus de 43 heures par semaine (préparations, corrections, réunions).

Mais on leur demande toujours plus.
Avec moins.
Moins de moyens.
Moins de reconnaissance.
Moins de perspectives.

Ce n’est pas juste un problème pour les enseignants.
C’est un problème pour toute la société.
Un pays qui sous-paye ses professeurs se tire une balle dans le pied.
Parce qu’un prof découragé, épuisé, mal payé… c’est un savoir et une énergie qu’on perd pour nos enfants.

Non, ce n’est pas normal.
Pas normal qu’une profession aussi cruciale soit traitée comme une variable d’ajustement budgétaire.
Pas normal que former les citoyens de demain vaille si peu.

Revaloriser les enseignants, ce n’est pas “leur faire plaisir”.
C’est investir dans l’avenir.
Et ça, on n’a pas le luxe de l’ignorer.

💡 Sources :
• OCDE, Regards sur l’éducation 2023
• Ministère de l’Éducation nationale, Repères et références statistiques 2023

Décortiquons ce post phrase par phrase.

Aujourd’hui, un prof débutant gagne à peine plus qu’un job au McDo.

Accroche forte : courte, avec un exemple d’entreprise où on peut travailler sans qualification et gagner autant qu’un enseignant.
Utilisation maladroite et clivante de « prof » d’un côté et « job » de l’autre (manque d’ETHOS). La comparaison n’est donc pas valable.

En 1980, un professeur débutant gagnait 2,3 fois le SMIC.
Aujourd’hui ? 1,2 fois.

Date
Chiffre
Utilisation de la multiplication = plus grande impression encore donnée au lecteur

Et on ose trouver ça “normal”.

Phrase courte
Mot de vocabulaire qui permet au lecteur de se sentir concerné en tant que personne « normale ».

Oui, tu as bien lu.
Subitement, elle utilise le tutoiement pour « Te » faire avancer d’un pas dans la confidence

Une profession qui forme toutes les autres.
Pathos : on te fait basculer dans l’émotion

Qui façonne l’avenir de nos enfants.
Du tutoiement on passe au NOUS.
Elle attire le lecteur et psychologiquement le fait entrer dans une pseudo communauté.
Les phrases s’accélèrent, elle n’ont plus de construction normale, pour mettre le lecteur dans l’urgence de la cause.

Qui demande un niveau d’études élevé, des compétences pédagogiques, humaines, organisationnelles…
Payée à peine plus qu’un job au fast-food.
Elle revient à l’argument de l’accroche avec dévalorisation du salaire des personnes qui travaillent dans un fast food (salaire qui est encadré par les lois et conventions collectives).
Cela fait faire une pause au lecteur dans ce qui vient d’être dit et renforce l’idée première. Il faut reprogrammer le cerveau de la personne à convaincre.

Pourquoi ?
Parce qu’en 1983, on a décidé que les salaires des enseignants ne suivraient plus l’inflation.
Date
Usage du ON très vague.

Les prix montent, les factures explosent…
On fait un saut dans le temps de 1983 à aujourd’hui, subitement ??
C’est rapide, le lecteur n’a pas le temps de savoir vraiment ce qui a été décidé dans le passé et ce que cela vient faire dans l’argumentaire ?

Mais les salaires restent quasiment figés.
Les primes ajoutées ici ou là ne comblent pas le trou.

Les mots sont vagues : quasiment, ici ou là. L’argumentaire s’appauvrit.
Car en fait le lecteur ne lit toujours pas l’objectif du post ?

Résultat : les enseignants s’appauvrissent.
Figure de style; ils ne s’appauvrissent pas, ils gagnent moins en % qu’un employé d’un job non qualifié.

📉 Selon l’OCDE (Regards sur l’éducation 2023) :
Appel à un professionnel extérieur référencé comme argument rhétorique.
Date

Après 15 ans d’ancienneté, un prof français gagne presque deux fois moins qu’un prof allemand.
Date
Comparaison (avec biais car elle compare deux pays non comparables)

Et il est dans le bas du classement européen…
Abus de langage, le salaire du prof est en bas du classement et non pas la personne elle-même.
en début et en fin de carrière.

⏳ Et pourtant :
• Les enseignants français font partie de ceux qui donnent le plus d’heures de cours en Europe.
1 sur 2 travaille plus de 43 heures par semaine (préparations, corrections, réunions).

On passe d’un mode avec des phrases entières très courtes à une présentation très dépouillée du point de vue grammatical.
Chiffres

Mais on leur demande toujours plus.
Qui est ce on ?

Avec moins.
Moins de moyens.
Moins de reconnaissance.
Moins de perspectives.
Anaphore (figure de style) où elle met un plus et une répétition du terme « moins » en début de pseudo phrase associée à la figure de style tricolon (3 exemples).

Ce n’est pas juste un problème pour les enseignants.
C’est un problème pour toute la société.
Répétition, le mot problème est répété pour marquer l’esprit du lecteur.

Un pays qui sous-paye ses professeurs se tire une balle dans le pied.
Figure de style, personnification et image.

Parce qu’un prof découragé, épuisé, mal payé… c’est un savoir et une énergie qu’on perd pour nos enfants.
Généralité
Phrase incorrecte « on perd pour nos enfants »

Non, ce n’est pas normal.
Pas normal qu’une profession aussi cruciale soit traitée comme une variable d’ajustement budgétaire.
Pas normal que former les citoyens de demain vaille si peu.
Figure de style avec anaphore
Utilisation du terme « pas normal », après avoir utilisé « normal » en début d’argumentaire, pour fixer l’idée d’une normalité (laquelle ?) dans la pensée du lecteur afin qu’il se sente encore concerné et poursuive la lecture.

Revaloriser les enseignants,
métonymie, c’est le métier qu’il faut revaloriser pas l’individu.

ce n’est pas “leur faire plaisir”.
C’est investir dans l’avenir.
Et ça, on n’a pas le luxe de l’ignorer.
Phrase maladroite car accumulation de deux négations et le cerveau s’y perd : ne pas + ne pas savoir (ignorer)

💡 Sources :
De quoi (des infos dans le texte, du schéma ?)

Voyons le schéma maintenant, qui est surtout la véritable ACCROCHE du post :

Que propose ce schéma :

Le titre est trompeur, le salaire d’un enseignant n’a pas baissé, c’est la différence entre ce salaire et le SMIC qui a baissé.

De façon appuyée et sommaire il nous montre une courbe descendante. 
En 2022, un prof gagne 1,2X le SMIC, ce qui ne correspond pas à ce que dit le titre de l’article, prenant exemple d’une entreprise américaine (biais) et non pas le SMIC.
En 1980, ce salaire était 2,2X le SMIC, ce qui explique cette courbe descendante.

Dans l’absolu, pourquoi le salaire d’un enseignant serait-il X fois plus important que le salaire de base dit SMIC ? 

 

6-0, 6-0 !

Comment faire lorsqu’on a face à soi, un mur, un monstre, une force… ? Attention, je parle d’un contexte sportif, lors d’un match, d’une compétition ou d’un enjeu, quant à un résultat.

Suivant les situations, il y a plusieurs stratégies à adopter.
Et il y a plusieurs issues aussi. Car parfois, le monstre se tord la cheville, chute et vous remportez la victoire.

Qui n’a pas dans sa vie ou sa carrière sportive (professionnelle ou amateur) fait face à un déséquilibre flagrant ?  Personne.

C’est donc quelque chose de normal, pour laquelle on peut se préparer mentalement.

« Je dois me préparer à affronter un classement très au-dessus du mien, parce que j’ai bénéficié -ou pas-, d’abandons, de blessures de la part adverse ou j’ai eu un tirage favorable, ou il y a eu des absences.
Je dois aussi me préparer -mais c’est moins difficile en général-, à me retrouver face à des compétiteurs moins coriaces que moi, et donc me « balader » jusqu’en finale.

Revenons au fait que je sois menée 6-0 et 4-0.
C’est la panique ! Je flanche !
Dois-je crier, rire, abandonner ?
L’étiquette ne me le permet pas.
Perdre sèchement, c’est une hypothèse que j’ai travaillée avec mon coach mental.
Que faire dans ce genre de situation ?

Allez au bout, certes, mais que puis-je tenter ? Ou ne pas tenter ?

Ici, j’aurais tendance à me référer à un maître du coaching mental tennistique : François Ducasse. Pour ceux qui ne le connaissent pas, il a écrit des ouvrages de références, dont « Champion dans la tête » que je recommande fortement.

Hélas, François nous a quitté et c’est une grande perte professionnelle dans le coaching. Car il prévoit tous ces scenarii et propose même de jouer l’artiste dans ce genre de situation complexe, pour relâcher les énergies accumulées. Et pourquoi pas inverser la tendance en déstabilisant son adversaire.

Djoko, se fait masser, va aux toilettes, utilise le maximum de temps alloué par les règles. Son mental est fort mais pas forcément celui de son adversaire ! Wang sert à la cuillère, d’autres changent de place pour servir ou essaient une autre prise de raquette.

Quelle que soit l’issue, l’objectif est de garder confiance en soi. Et ce capital confiance est sans cesse utilisé, alors il faut l’approvisionner, et les coaches du mental sont là pour faire en sorte que le stock soit toujours au top niveau !