Analyse rhétorique d’un post Linkedin sur ? (sujet non défini clairement)

 

En bleu, ci-après, le texte posté par quelqu’un, que je ne connais pas, sur linkedin. En noir, le mien.

« Et si vos échecs n’avaient rien à voir avec votre intelligence… mais avec la façon dont votre cerveau traite l’information ?

Chaque énigme que vous ratez ne prouve pas que vous êtes « nul »… elle révèle comment vous pensez, ce que vous ne voyez pas, et même les pièges
que vos croyances tendent à votre raisonnement.
La vraie question n’est pas : êtes-vous capable de résoudre ?
C’est : savez-vous comment votre cerveau résout ? »

Dans le champ des neurosciences appliquées au comportement, les tests et les énigmes ne sont pas

Ils agissent comme des révélateurs invisibles, capables de mettre à jour notre système de pensée, nos croyances implicites, nos biais perceptifs et nos automatismes de raisonnement. Chaque réaction, chaque cheminement mental emprunté face à un problème, dévoile la carte intime de nos processus cérébraux.

En plaçant un individu devant une énigme, on observe bien plus que sa capacité à “trouver la bonne réponse”. On assiste à la mise en scène de ses stratégies mentales : certains activent avant tout leur mémoire auditive, rejouant mentalement les données ; d’autres s’appuient sur la visualisation, construisant des schémas mentaux ; d’autres encore ont besoin de manipuler concrètement, de tracer, de dessiner, de toucher, pour donner forme à la solution. Ces différences ne relèvent pas du style ou de la préférence : elles reflètent la manière dont chaque cerveau traite, hiérarchise et encode l’information.

Comprendre ce mode opératoire est crucial. Car si l’on sait comment une personne capte, filtre et organise la réalité, on peut ajuster les outils pédagogiques, adapter le langage, et choisir les supports les plus congruents avec sa neuro-dominance sensorielle.

Un profil visuel progressera plus vite avec des diagrammes et des représentations graphiques ; un profil auditif assimilera davantage via l’explication orale, la narration ou la rythmique verbale ; un profil kinesthésique intégrera durablement par l’action, la manipulation, le corps en mouvement.

Ainsi, l’énigme devient une porte d’entrée stratégique.

Elle ne sert pas seulement à tester un niveau intellectuel : elle cartographie un style cognitif et permet de bâtir, sur cette base, un apprentissage sur mesure.

Et c’est là toute la puissance de l’approche neuroscientifique du jeu de réflexion : transformer un moment ludique en diagnostic comportemental, et un diagnostic en un plan d’action optimisé. »

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Analyse du contenu de ce post  Linkedin

Je reprécise que j’ai reçu ce post dans mon fil d’actualité et que je ne connais pas du tout la personne. Tout ce qui est écrit en gras est de ma main. Je vous propose de décortiquer le contenu phrase après phrase !

Et si vos échecs n’avaient rien à voir avec votre intelligence… mais avec la façon dont votre cerveau traite l’information ?

Accroche avec une phrase à la forme négative. 
Le cerveau n’aime pas les doubles négations du français (ne… rien)
La phrase d’intro est une simple question, rien de vraiment accrocheur.

Chaque énigme que vous ratez ne prouve pas que vous êtes « nul »…

Ratez, nul, ne pas : les mots sont dans le registre négatif
Vous faites supposer au lecteur qu’il se croit nul.

Pathos ?

elle révèle comment vous pensez, ce que vous ne voyez pas,

Et pourquoi pas ce que vous voyez ? Car il y a toujours le verre à moitié vide et le verre à moitié plein.

et même les pièges
Mot négatif

que vos croyances tendent à votre raisonnement.
La vraie question n’est pas
Négation

: êtes-vous capable de résoudre ?
C’est : savez-vous comment votre cerveau résout ? »

Enfin on va arriver, semble-t-il, au sujet de l’article ?

Dans le champ des neurosciences appliquées au comportement, les tests et les énigmes ne sont pas
Négations
des jeux d’esprit anecdotiques : ce sont des instruments d’exploration fine de notre architecture cognitive.
-Pas tous et pas tant que cela à mon avis.-
Il faudrait supprimer la première partie de la phrase qui est de forme négative puisque vous arrivez maintenant dans votre argumentaire.

Ils agissent comme des révélateurs invisibles, capables de mettre à jour notre système de pensée, nos croyances implicites, nos biais perceptifs et nos automatismes de raisonnement. Chaque réaction, chaque cheminement mental emprunté face à un problème, dévoile la carte intime de nos processus cérébraux.
Alors là, vous y allez carrément ! Que des affirmations avec des adjectifs subitement !
Voulez-vous convaincre sur les tests, les énigmes ou les problèmes (encore mot négatif) ou encore sur les neurosciences (un bien grand thème) ?

En plaçant un individu devant une énigme, on observe bien plus que sa capacité à “trouver la bonne réponse”. On assiste à la mise en scène de ses stratégies mentales :
Dommage d’utiliser le ON, vague, pas assez affirmatif.

certains activent avant tout leur mémoire auditive, rejouant mentalement les données ; d’autres s’appuient sur la visualisation, construisant des schémas mentaux ; d’autres encore ont besoin de manipuler concrètement, de tracer, de dessiner, de toucher, pour donner forme à la solution. Ces différences ne relèvent pas du style ou de la préférence : elles reflètent la manière dont chaque cerveau traite, hiérarchise et encode l’information.

-Je pense que le test est utile mais ne suffit pas. Il faut un entretien explicite pour vraiment comprendre le raisonnement de la personne. Durant un test, la personne peut ne pas cocher, ne pas comprendre la question écrite, avoir du mal à lire, à écrire, regarder son téléphone, etc. Sans contact humain et double contrôle de chaque information, on n’est sûrs de rien.-

Sinon du point de vue argumentatif de votre discours, vous basculez subitement dans des affirmations très fortes avec du vocabulaire. Alors que vous étiez dans du négatif appuyé y compris dans les tournures de phrases et que vous avez mis votre lecteur dans une situation inférieure mentalement.

Comprendre ce mode opératoire est crucial. Car si l’on sait comment une personne capte, filtre et organise la réalité, on peut ajuster les outils pédagogiques, adapter le langage, et choisir les supports les plus congruents avec sa neuro-dominance sensorielle.
Encore le ON utilisé 2 fois dans la phrase.

Un profil visuel progressera plus vite avec des diagrammes et des représentations graphiques ; un profil auditif assimilera davantage via l’explication orale, la narration ou la rythmique verbale ; un profil kinesthésique intégrera durablement par l’action, la manipulation, le corps en mouvement.
Vous utilisez des exemples comme outils rhétoriques, mais ils sont bien timides par rapport aux figures de style nombreuses disponibles dans la langue française.

Ainsi, l’énigme devient une porte d’entrée stratégique.
Est-ce le coeur de votre message finalement ? Si oui, il arrive trop tard dans l’argumentaire.

Elle ne sert pas seulement à tester un niveau intellectuel : elle cartographie un style cognitif et permet de bâtir, sur cette base, un apprentissage sur mesure.
-du point de vue pédagogique, les énigmes sont intéressantes (idem c’est un outil parmi bien d’autres) mais ne suffisent pas à permettre à l’individu d’apprendre.-

Et c’est là toute la puissance de l’approche neuroscientifique du jeu de réflexion : transformer un moment ludique en diagnostic comportemental, et un diagnostic en un plan d’action optimisé.

Conclusion étonnante car on découvre que c’est d’approche neuroscientifique du jeu de réflexion dont il était question.

De façon générale, je dirais que post, vous n’utilisez pas d’outil rhétorique, vous n’avez pas défini d’objet précis et votre discours ne convainc donc pas. D’ailleurs, les gens passent le test (appel à leur ego) et c’est tout.

PS :  voici l’illustration qui figurait avec le post :

PS2 : je ne porte aucun jugement, ayant moi-même écrit -et continuant à écrire- sans forcément me poser les bonnes questions et utiliser les bons outils !